Raoul DUGUAY
Québec Info Musique
Raoul DUGUAY

ArtistesAlbumsNouvellesLiensÉcouterAccueil

Historique
Discographie
Oeuvres
Nom véritable

Raôul Duguay 

Aussi connus sous

Raôul Luôar Yaugud Duguay, Wézi-wézo 

Naissance

1939  

Carrière professionnelle

Depuis 1966  

RSSAbonnez-vous!

Tel qu'en lui-même, le poète, philosophe et phonéticien Raôul Duguay est loin de se limiter à ces 3 aspects de sa personne mais peut incarner au moins 33 autres personnages en autant de disciplines.

Né à Val d'Or en Abitibi "... le 13 février 1939" comme il se plaisait à le consigner dans sa chanson autobiomythique "La bittt à Tibi" parue sur son premier album en tant que chansonnier populaire, c'est une trentaine d'années plus tard qu'il se fait connaître sur la scène musicale au sein du groupe l'Infonie

Quand il fait la connaissance de Walter Boudreau et de son premier noyau de futurs infoniaques, en 1967, Raôul Duguay a déjà un cheminement personnel fort diversifié. Fils de musicien, il fait d'abord partie de chorales au cours de son enfance avant de découvrir la trompette vers l'âge de quinze ans. Il écrit dans les journaux étudiants, écoute les Classiques et rédige ses premiers poèmes au tournant des années cinquante et soixante. Il publie ses premiers articles comme chroniqueur culturel dans un journal local, joue dans la fanfare, participe à ses premières émissions radio et accompagne les géologues puis les bûcherons en tant qu'assistant (ou helper) pendant ses vacances scolaires.

Déménagé à Montréal où il poursuit ses études, il fait la connaissance de Gaston Miron et de jeunes poètes avec qui il fonde une revue intitulée Passe-partout. Son premier spectacle où se mêlent poésie, musique et peinture attire l'attention du cinéaste Jean-Pierre Lefebvre qui est dans la salle et lui propose un rôle dans son prochain film Mon amie Pierrette. On retrouve ensuite le jeune auteur dans le collectif de la revue Parti-Pris où, en osmose avec le poète Paul Chamberland, il prône l'adoption de l'orthographe Kébèk pour désigner le pays, d'après le texte conservé en l'Église Notre-Dame-des-Victoires de Place Royale: "Deux providere Kebeka liberata", à peu près au même moment où paraissent ses premiers recueils de textes: Ruts (1966) et Or le cycle du sang dure donc (1967).

Critique littéraire à Parti-Pris, il devient chroniqueur musical à l'émission Carnet des arts à Radio-Canada. Les entrevues qu'il y effectue seront l'objet du recueil Musiques du Kébèk, publié quelques années plus tard. C'est au cours de cette même année 1967 qu'a lieu la rencontre de Raôul Duguay et de Walter Boudreau, jazzman également porté vers l'éclatement des formes de spectacle, lors d'un récital à l'Expo-théâtre. Ils décident alors de monter un spectacle multidisciplinaire (bien avant que le mot ne soit passé dans le langage quotidien) au TNM: Babababellllll. L'Infonie pouvait dès lors exister!

Le passage de Raôul Duguay au sein de l'Infonie est marqué de participations à des événements aussi divers que mémorables: La Nuit de la Poésie fait l'objet d'un film documentaire de Jean-Claude Labrecque; un spectacle de soutien aux personnes emprisonnées suite à l'application de la Loi sur les mesures de guerre, enregistré au théâtre Le Gésu en janvier 1971, devient l'album "Poêmes et chants de la résistance 2". La vie-même à l'intérieur du groupe est portée à l'écran par le cinéaste Roger Frappier sous le titre L'Infonie inachevée. Comme les autres infoniaques, Raôul y adopte la dénomination globale (envers + endroit = le touttt en tout) et se présente comme Raôul Luôar Yaugud Duguay. Ses allures insolites complétées par sa présence à la fois joviale et inspirée en font un des phares de la contre-culture qui émerge alors de l'anonymat dit underground. En même temps qu'il anime les spectacles de l'Infonie, Luôar publie trois livres coup sur coup aux Éditions du Jour: Le manifeste de l'Infonie ou le ToutArtBel, Musiques du Kébèk et L'Apokalipsô. Il participe à plusieurs émissions radio, rejoue dans les films Q-Bec My Love et Mon oeil de Jean-Pierre Lefebvre, publie des textes dans diverses revues et périodiques dont La Barre du jour, Parti-Pris, Culture vivante, Mainmise, etc. Déjà sensibilisé à l'attrait de l'image autant que de la parole et du son, il scénarise, réalise et apparaît lui-même dans le film Ô ou l'invisible enfant ou, qui se veut une dimension supplémentaire de l'Infonie.

Avant même son départ du groupe, il commence à se produire en solo, arborant des tenues toutes plus excentriques les unes que les autres dont le fameux chapeau-panache tenant le globe terrestre entre ses bois. En 1971, il se rend en France où il participe à une série de spectacles en première partie de Hugues Aufray, à Bobino. Lors de son séjour en Europe, il fait la connaissance de Julos Beaucarne qui devient un grand ami et un complice de musique. À son retour, il prépare son premier véritable spectacle en solo: Tôuseul ak tôulmônde puis prépare son retour sur disque. Raôul Duguay s'affirme désormais à son tour comme un faiseur de chansons qui se veut accessible tout en utilisant divers niveaux de langage. Son pari est gagné dès le premier album "Alllô tôulmônd'" où les thèmes plus songés comme "Le chemin", "Le désert" ou "Le vôyage" s'insèrent entre le si reconnaissable "Touttt étô bouttt" et le futur grand succès "La bittt à Tibi".

Tout en connaissant un succès fort remarqué en tant qu'interprète, il collabore avec d'autres artistes, à titre de musicien (Maneige) ou d'auteur (les Séguin). En compagnie des groupes Beau Dommage, Contraction, Harmonium et Octobre, Raôul Duguay participe à un méga-spectacle à l'été 1976. La même année, il propose un second microsillon "L'Envol" qui, quoique dans une veine musicale semblable, ne connaît pas le même accueil que son premier album. Le même sort attend son troisième effort "M" et il faut attendre le double album "Vivant avec tôulllmônd" pour retrouver une réponse populaire qui se compare à l'impact initial. Le public y retrouve le brin de folie que sait communiquer l'artiste sur une scène mais qu'il est difficile de recréer dans la froideur d'un studio. Naturellement, les chansons les plus marquantes des trois disques précédents s'y retrouvent mais un des moments les plus remarquables de sa performance, enregistrée au Théâtre St-Denis, est le long monologue qui entoure la présentation du personnage "Alll Tôuttt" où il transporte littéralement son auditoire sur ses envolées vocales. D'ailleurs, les explorations phonétiques sont depuis longtemps son matériau le plus malléable face à n'importe quel public. Il donne d'ailleurs bientôt une nouvelle dimension à son art vocal à partir du début des années quatre-vingt, alors qu'il offre des ateliers de formation professionnelle sur le thème de La voie de la voix.

Tout en continuant d'enregistrer de nouvelles chansons de façon sporadique, Raoûl Duguay se consacre dès lors surtout à la tenue de conférences et d'ateliers portant sur des sujets aussi divers et complémentaires que la technique vocale, l'écriture chansonnière, la créativité, la communication, la motivation et l'écologie du cerveau.

Absent de la scène musicale pendant près de dix ans, il y revient en 1998 alors qu'il participe à la création des chansons du spectacle "Les légendes fantastiques" de Normand Latourelle, dont la musique est composée par Michel Cusson. L'année suivante, c'est à son tour de proposer un nouvel album "Caser". Produit par Claude Dubois, on y retrouve treize pièces poétiques et musicales en continuité avec ses chansons intemporelles, sur de nouvelles formes musicales. Ainsi "Alll Touttt Fadir", "Raôulant" et "wwwbabel.com" réfèrent à des thèmes abordés dans ses premiers microsillons tandis que "Le rêveur réveillé" fait écho au Pain-Beurre du Manifeste de l'Infonie. Les relectures de "La bittt à Tibi" et "Le vôyage" y côtoient les nouveaux manifestes que sont "Le Lys" et "Pour l'amour de la vie".

Ayant déjà amorcé une autobiographie en 1979, Raôul Duguay ou le poète à la voix d'ô, celui-ci publie une première compilation de ses textes en 1995 sous le titre Réveiller le rêve. Il prépare ensuite un volet d'anthologie qui remonte à l'épopée de l'Infonie, le bouttt de touttt, comprenant poèmes, partitions, dessins, critiques et autres artéfacts à l'automne de l'an 2000. Deux ans plus tard, MusiMax lui consacre un portrait d'une heure dans la série Musicographie. Qui a dit que l'humour ne peut pas faire réfléchir ?

On peut visiter le site officiel de Raôul Duguay.

Envoyer cette page
Pour compléter ou enrichir l'information
Contactez-nous
RetourHaut
© Québec Info Musique inc. - 2010

Les textes présentés sur ce site sont protégés par la loi sur le droit d'auteur du Canada. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite sans l'autorisation écrite de Québec Info Musique.

Oricom Internet Hit-Parade