|
|
 |
S'il est surtout réputé pour sa contribution au corpus de la chanson québécoise, tant pour ses oeuvres en solo, sa révélation comme auteur-compositeur interprète au sein du groupe Beau Dommage et ses diverses collaborations avec d'autres sommités du showbusiness, Michel Rivard mérite aussi le qualificatif d'artiste multidisciplinaire. Plusieurs ont souvenance de ses prouesses au sein de la LNI (ligue nationale d'impro théâtrale), comme animateur devant les caméras de TV5 (Studio TV5), de Radio-Canada (galas de l'ADISQ) ou encore au grand écran à titre de comédien (Monsieur Zolock, Le dernier glacier, Mon amie Max).
Digne fils du comédien Robert Rivard, pour qui il composera plus tard un touchant hommage ("Tu peux dormir"), le jeune Michel fut initié très tôt à la musique et à l’art dramatique. Déjà à la fin des années soixante, il faisait ses débuts de comédien dans le téléroman Rue des pignons . Quelques expériences musico-théâtrales dont celle de la Quenouille Bleue, issue de rencontres estudiantines survenues à l’Université du Québec à Montréal, conduiront quelques années plus tard à la formation du groupe Beau Dommage où il s’illustre comme auteur compositeur chanteur et guitariste.
En 1977, après une tournée du groupe en France et avant même la fin des activités de la bande, il se décide à taquiner la muse en solitaire, fort de sa notoriété nationale. Son premier album "Méfiez-vous du grand amour", dont la chanson titre va devenir le premier d’une longue série de succès personnels, est un disque à saveur country rock tout à fait en continuité avec le style de son ancien groupe. L’année suivante, il se rend en Europe où il se mesure, sur leur propre terrain, à plusieurs chantres français dont Maxime Leforestier avec lequel il se reconnaîtra quelques affinités et élaborera une collaboration de longue haleine.
À son retour au Québec, il forme un groupe du nom de Flybin Band qui l’accompagne sur scène et en studio pour sa deuxième production discographique en solo qu’il intitule "De Longueuil à Berlin". Très à l’aise sur scène, Michel Rivard allie l’humour à la chanson et fait preuve de qualités évidentes de maître de cérémonie. Parallèlement, il participe activement aux débuts de la Ligue nationale d’improvisation, une approche inédite et très sportive de création théâtrale.
Ses talents de comédien sont aussi requis par le cinéma au début des années 80 alors qu’il tourne, entre autres, dans Pourquoi l’étrange monsieur Zolock s’intéressait-il tant à la bande dessinée? et compose pour plusieurs productions cinématographiques dont Le dernier glacier où il joue lui-même en plus d'interpréter sa chanson "Schefferville, le dernier train". Il scénarise et écrit les dialogues du film Le monde a besoin de magie (1980).
Alors que certains des ex-Beau-Dommage connaissent de belles carrières musicales sous leur propre nom, Michel réussit presque à faire oublier le musicien en lui jusqu’au moment où se produit une première reformation du groupe, le temps de deux spectacles, à Québec et à Montréal, en 1984: des retrouvailles fort appréciées des anciens et nouveaux fans.
Après ces quelques années de réalisations dans différentes disciplines, son retour à la chanson comme activité principale est marqué par plusieurs albums en solo qui, à peine gravés, deviennent des références pour la nouvelle chanson québécoise: "Un trou dans les nuages" (1987) est, à lui seul un disque monumental qui allie arrangements pop et textes tantôt touchants, tantôt humoristiques ou loufoques. "Le goût de l’eau et autres chansons naïves" (1992) est l’album d’un artiste qui ne cherche aucunement à s’identifier à quelque mode éphémère et qui confirme une fois de plus son talent de poète en pleine maturité.
Malgré ses nombreux spectacles à travers tout le Québec et en Europe, Michel Rivard multiplie les collaborations sur scène ou en studio et prête souvent sa plume à d’autres répertoires. On lui doit notamment "Je voudrais voir la mer" (Sylvie Tremblay), "Toujours vivant" (Gerry Boulet), "Martin de la chasse-galerie" (La Bottine Souriante) et plusieurs chansons pour le groupe Offenbach.
Un nouveau rôle au cinéma dans Mon amie Max de Michel Brault précède la seconde résurrection de Beau Dommage en 1994. Celle-ci donnera lieu à une tournée du Québec, un album-studio de nouvelles chansons et un album en spectacle qui lui font revivre ses vingt ans et le succès de groupe. Aussitôt cette parenthèse complétée, Michel se remet à la tournée (avec le spectacle Chansons lousses et cordes sensibles) et à la composition. En 1997, il devient le premier auteur-compositeur-interprète à accepter pour une deuxième fois (il l'avait déjà fait en 1994) d'être parrain du Festival en chanson de Petite-Vallée. L'année suivante, il met en marché un nouvel album de chansons originales intitulé "Maudit bonheur" qui obtient, une fois de plus, la faveur du grand public. La tournée du même nom tient la route pour les deux dernières années du siècle et même au-delà.
Au début des années 2000, l'artiste entreprend une nouvelle tournée en formation réduite, soit en formule trio avec le bassiste Mario Légaré et le multiinstrumentiste Francis Covan, deux complices de longue date. Pratiquant toujours une douce ironie à l'endroit de lui-même et d'un métier qu'il adore, il intitule son nouveau périple: Assis. Cette tournée s'échelonne sur quelques années, de 2002 à 2004, période au cours de laquelle il présente pendant deux saisons Studio TV5, sur les ondes de cette télé francophone internationale. Cette émission hebdomadaire renferme des moments privilégiés où Rivard l’animateur reçoit, déride et à l'occasion faire le boeuf avec ses amis musiciens et les interprètes invités, souvent en duo, à même les répertoires de chacun.
En 2003, il s'attaque à une autre forme de spectacle, la comédie musicale, et se glisse dans la peau de l'aviateur dans l'adaptation à la scène du Petit Prince de Saint-Exupéry, rôle qu’avait tenu Daniel Lavoie quelque temps auparavant au Casino de Paris et pour les besoins de l'album paru l'année précédente. Cette parenthèse ne l’empêche nullement de poursuivre ses projets d’écriture et, parmi les nouvelles collaborations de Michel, soulignons la chanson "La guitare de Jérémie" qu'il compose avec Patrick Norman. Ce dernier et de nombreux autres qu'il aura eu l'occasion de côtoyer à son Studio seront ses invités à l'occasion de la série de concerts Les chaises musicales, qu'il anime tout au long des FrancoFolies de Montréal, du 25 juillet au 2 août 2003.
Une sélection d'enregistrements illustrant ses récentes années sur la route paraît en novembre 2004, quelques jours à peine après que l'ADISQ lui eut attribué le Félix Hommage, lors de son 26e Gala. On y retrouve des interprétations «en spectacle intime...» selon la présentation de "Bonsoir... mon nom est toujours Michel Rivard et voici mon album quadruple", un clin d'oeil à son double microsillon paru il y a près de 20 ans. Ce coffret de quatre DC regroupe près de 60 interprétations dépouillées et rajeunies de chansons qui ont émaillé ses 30 ans de carrière, depuis les années Beau Dommage (dont une version italienne du "Phoque en Alaska", devenu "La foca"), ses différentes cuvées personnelles et des titres qu'il avait confiés à d'autres interprètes. Le quatrième DC de ce disque-événement est consacré aux duos enregistrés lors de sa semaine FrancoFolle, en compagnie de Marc Déry, Martin Léon, Mélanie Auclair, Michel Faubert, Dumas, Marie-Christine Trottier, Catherine Durand, Mara Tremblay, Patrick Norman, Lynda Thalie et Ariane Moffatt. Sans doute soucieux d'épargner un trop grand investissement à ses fans moins fortunés, Michel et sa maison de disques proposent également une sélection allégée de 16 titres intitulée "Simple". Une initiative louable qui, en ces années de transition de l'industrie musicale, permettra à un plus grand nombre de personnes de déguster ces petites perles de notre histoire musicale!
Nouvellement nommé chevalier de l’Ordre national du Québec, Michel Rivard participe à la septième édition du Festival Montréal en Lumière, en février 2006. Il retourne bientôt en studio pour préparer un nouvel album de chansons inédites qui est (coïncidence?) son 7e en 30 ans. L'auteur-compositeur-interprète se produit entre temps en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal dans le cadre de ses Week-ends pop, en octobre 2006. L'expérience est reprise avec les orchestres de Sherbrooke et de Québec, dans leurs villes respectives, le mois suivant. Le disque "Confiance" est finalement lancé le 28 novembre, plus de huit ans après "Maudit bonheur".
Dans cette nouvelle livrée, le sacripan se fait plus introspectif que jamais et propose ce qu'on devine des chansons d'hiver, qui semblent destinées à une soirée au coin du feu de foyer. La douceur diaphane, teintée de nostalgie, se révèle aussi présente dans les deux courtes pièces instrumentales "Cet hiver là" et "Chimère d'avril" que dans certaines chansons comme "Les chemins de gravelle", dédiée à la mémoire Robert Gravel son mentor en impro, "Photo dans ma tête" ou l'évocation de "Robinoude", souvenir d'un précieux vélo de jeunesse.
|
Envoyer cette page
|
 |
|