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Arturo Sandoval, à couper le souffle!

Une collaboration de Sophie Roy

24 octobre 2012 (QIM) - Les « amoureux et maniaques finis de jazz », comme l'a dit le président d'honneur Winston McQuade, ont été nombreux à se présenter au spectacle d'ouverture du Festival de Jazz de Québec, le 15 octobre dernier, au Cabaret du Capitole. Ils sont venus entendre le trompettiste Arturo Sandoval. Les organisateurs étaient particulièrement fiers de leur prise, et pour cause. Le réputé musicien cubain, en plus d'être un virtuose de la trompette, se révèle un homme généreux, passionné, humble et drôle.

Accompagné de 5 autres excellents musiciens (piano, saxophone, batterie, congas et contrebasse), Arturo Sandoval offre une soirée remplie de moments de haute voltige. Son jeu est véritablement impressionnant. D'abord, il passe des notes les plus graves aux plus aigues avec une facilité déconcertante. Puis, ses doigts semblent littéralement voler sur les pistons dans les passages rapides, tel un gymnaste d'une agilité unique. Enfin, il nous offre des envolées à couper le souffle!

Sandoval aborde la scène avec beaucoup d'humilité, partageant généreusement les feux de la rampe avec ses acolytes. Il s'amuse autant à les écouter qu'à jouer avec eux. Le trompettiste multiplie les duos avec son saxophoniste, en lui lançant constamment des défis techniques. Quant aux musiciens, ils ont un plaisir évident à être sur scène. Dans "Joy and Spring", comme dans le classique jazz "A Night in Tunisia", dernière pièce du spectacle, chacun a droit à son moment d'improvisation en solo. L'écoute attentive du public et la démonstration chaleureuse de son appréciation les récompensent tous.

Ubiquiste, cet artiste de 63 ans est admirable. Musicien polyvalent, Sandoval passe aisément de la trompette au piano, aux synthétiseurs et même aux maracas. Il est aussi compositeur et chanteur. D'ailleurs, il nous livre une émouvante ballade: "Everyday I Think of You", une composition tirée de son récent album "Dear Diz", dédié à Dizzie Gillespie. On y sent toute l'admiration qu'il ressent pour son ancien ami et mentor, et l'attachement qu'il lui porte.

Le clou de la soirée est l'interprétation enlevante d'une autre oeuvre de Sandoval, créée pour maracas. Son joueur de congas, Samuel Torres, manie ces petits instruments percussifs avec une adresse remarquable, produisant des sons et des ambiances inimaginables. Torres nous offre ici une prestation absolument ahurissante.

Un beau coup d'envoi pour ce 6e Festival de jazz de Québec!