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La musique de chambre à l'honneur au Domaine Forget

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Festival international du Domaine Forget

22 juillet 2014 (QIM) – Des artistes talentueux, d'horizons différents, ayant en commun de belles carrières musicales, s'étaient donné rendez-vous dans le cadre du Festival international du Domaine Forget pour une soirée consacrée à la musique de chambre pour piano et cordes. Hélas, la biographie de chacun de ces artistes occuperait à elle seule le contenu de cette chronique. Mentionnons simplement que chacun a étudié dans quelques-unes des plus grandes écoles internationales de musique et que presque tous ont vu leur parcours auréolé de prix prestigieux.

En ce vendredi 18 juillet, trois chefs-d'oeuvres du répertoire de musique de chambre étaient donc présentés à la salle Françoys-Bernier du Domaine Forget, à Saint-Irénée dans Charlevoix. D'abord la "Sonate pour violoncelle et piano no 1 en Fa majeur, op. 5, no 1" de Ludwig van Beethoven. Au violoncelle Thomas Wiebe, au piano Suzanne Blondin. Très belle interprétation où le jeu tout en finesse du violoncelliste se mariait très bien avec celui de la pianiste. Un jeu sobre, approprié au caractère classique de cette sonate, la première de cinq consacrées à ces instruments.

Changement d'époque et d'atmosphère avec le "Trio pour piano, violon et violoncelle en La mineur" de Maurice Ravel. Ici, le jeu énergique du pianiste Philip Chiu, du violoniste Mark Fewer et du violoncelliste Paul Marleyn font briller de mille feux ce chef-d'oeuvre de l'auteur du fameux "Boléro". On a droit à un véritable feu d'artifice musical, de scintillements sonores et d'éblouissement. On aurait pu croire que cette oeuvre avait été écrite pour ce trio, réunit le temps d'une soirée, tant leurs interprétations étaient intenses et engagées.

Pour terminer cette magnifique soirée estivale le "Quintette pour piano et cordes en La majeur - La Truite - op. 114" de Franz Schubert était parfaitement approprié. Ce chef-d'oeuvre est célèbre pour son quatrième mouvement, une suite de variations sur le thème "La Truite" un des 600 lieder écrits par ce contemporain de Beethoven. Avec Jonathan Swartz au violon, François Paradis à l'alto, Paul Marleyn au violoncelle, Nicholas Walker à la contrebasse et Élise Desjardins au piano nous avons eu une exécution d'une grande élégance mais qui souffrait un peu de la comparaison avec l'interprétation précédente.

Comme, entre autres, le quatrième mouvement évoque les vaines démarches d'un pêcheur pour capturer une truite malicieuse, un peu plus de facétie et de fluidité dans le jeu des interprètes auraient été de mise. Ici, le jeu semblait un peu figé, un peu trop académique.

Dans l'ensemble, une très belle soirée, dans une salle à l'acoustique parfaite pour ce répertoire intimiste. Une belle rencontre avec des artistes talentueux Mes coup de coeur, parfaitement subjectifs, allant au pianiste Philip Chiu et au violoncelliste Paul Marleyn.